Élohim

genese

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.

Genèse 1:1

Ainsi débute la Bible chrétienne. Pour être exact, la Bible de Jérusalem. Même les non chrétiens connaissent probablement cette phrase. Le hic est que le texte original est en hébreu ancien et le mot employé pour désigner «Dieu» est «Élohim». Or, Élohim est un mot de forme pluriel.

Le nom Elohim, de l’hébreu אֱלֹהִים (‘ēlohîm), est un terme qui signifie généralement « dieu » (au singulier ou au pluriel) dans la Bible hébraïque. Les voyelles du nom « elohim » (e-o-i) sont parfois attribuées au Tétragramme « YHWH » dans le texte massorétique, moins souvent toutefois que celles du nom « Adonaï ». Dans la tradition juive, le choix du nom « Elohim » insiste sur l’idée de puissance de Dieu.

Wikipédia

La traduction plus juste serait «dieux». Ce qui change tout. Les religieux conscients de cela ont trouvé toutes sortes d’explications justifiant la traduction au singulier. Par exemple, que c’était un pluriel de respect, un peu comme nous employons le «vous» en français. C’est certain que l’hébreu est loin du latin et encore plus loin du français. Sa traduction est un défi. J’ai toutefois une autre hypothèse, tout à fait hérétique. Mais je m’assume comme hérétique. Et si ces «dieux» n’étaient pas Dieu ?

Voltaire écrit dans son Dictionnaire philosophique :

C’est peut-être à cause de la manière singulière dont l’auteur s’exprime dès le premier verset, «au commencement les dieux firent le ciel et la terre; » on put craindre que les jeunes Juifs n’en prissent occasion d’adorer plusieurs dieux. C’est peut-être parce que Dieu ayant créé l’homme et la femme au premier chapitre, les refait encore au deuxième, et qu’on ne voulut pas mettre cette apparence de contradiction sous les yeux de la jeunesse. C’est peut-être parce qu’il est dit que « les» dieux firent l’homme à leur image, et que ces expressions présentaient aux Juifs un Dieu trop corporel.

Voltaire, Dictionnaire philosophique, Tome I, p. 35.

Voltaire avait compris que le début de la Genèse référait à des dieux et tâchait de comprendre pourquoi l’accès à ce texte était limité. Même dans ce court extrait, il souligne deux éléments importants : «dieu» crée les humains deux fois dans le texte de la Genèse et créer l’humain à son image est une hérésie pour les juifs. Tout comme les musulmans, les juifs considèrent que Dieu ne doit pas être représenté, qu’il est indéfini. Les chrétiens ne se bardent pas de cela, représentant «Dieu» allégrement, en général comme un géant barbu aux cheveux blancs. La figure du père qui colle bien avec leur discours.

creation_of_adam

Le Livre d’Urantia débute avec ceci :

DANS LE MENTAL des mortels d’Urantia – ce nom étant celui de votre monde – il existe une grande confusion quant à la signification des termes tels que Dieu, divinité et déité.

Livre d’Urantia, p. 1

Avec la réserve que j’ai déjà noté, je crois que sur ce point le livre est juste : nous avons mélangé toute sorte de choses sous l’appellation de «dieu». C’est pour cela que j’ai un malaise à employer ce mot : il est connoté et les gens ont une image bien définie dans leur tête, alors que même dans la Bible, ce mot, ou d’autres mots connexes, est employé pour désigner différentes choses. Sans parler de son emploi dans les autres religions et mythologies. D’où la confusion.

Dans le Livre d’Urantia, nous trouvons cette définition de Dieu :

LE Père Universel est le Dieu de toute la création, la Source-Centre Première de toutes les choses et de tous les êtres. Pensez d’abord à Dieu comme à un créateur, puis comme à un contrôleur, et enfin comme à un soutien infini. La vérité sur le Père Universel avait commencé à poindre sur l’humanité lorsque le prophète a dit : « Toi, Dieu, tu es seul, il n’y a personne en dehors de toi. Tu as créé les cieux et les cieux des cieux avec toutes leurs armées. Tu les préserves et tu les contrôles. C’est par les Fils de Dieu que les univers ont été faits. Le Créateur se couvre de lumière comme d’un vêtement et il étend les cieux comme un rideau. » C’est seulement le concept du Père Universel – un Dieu à la place de nombreux dieux – qui a permis à l’homme mortel de comprendre le Père en tant que créateur divin et contrôleur infini

Livre d’Urantia, p. 21

Dans Oahspe une autre vision est développée, plus juste à mon sens :

Toujours est-il qu’avec votre liberté, vous acquérez aussi la responsabilité donc tôt ou tard, votre fidélité à votre Créateur et votre semblable, dans la vertu, l’amour et les bons travaux, devrait devenir l’étude la plus sacrée de votre vie.

Votre Dieu n’est pas venu dans cet ère comme un dictateur, mais comme un grand frère, avec beaucoup d’expérience. Pas plus que je n’ai commandé, disant : Vous devez croire, parce que je, votre Dieu, l’a dit, ou révélé dans ce livre.

Néanmoins par Oahspe, la lumière de Jehovih, le Créateur, est révélée à un humain; et l’humain doit juger par lui-même, et travailler à se sauver lui-même, afin que par ceci il puisse avoir honneur et gloire.

Par la volonté du Créateur ce n’est pas à l’humain d’être toujours mené; mais pour l’humain d’avoir ultimement la lumière de pratiquer de bons travaux organiquement, depuis l’enfance.

Oahspe, p. 1, j’ai fait la traduction

Cela révèle qu’Urantia vient du côté sombre, Oahspe du côté lumineux : l’humain est libre, non pas dominé par un «dieu» contrôlant tout.

Plus loin dans Oahspe, il est écrit :

Toutes ces divisions, incluant les deux cents royaumes, ont des esprits-en-chef (Seigneur Dieux) chacun ayant pris station dans les temples du culte sur terre, et employé des milliers d’esprits servants, à qui ont a attribué aux différents mortels qui sont venus ici pour vénérer, pour être leurs guides et gardiens, jour et nuit.

Oahspe, p. 1311, j’ai fait la traduction

C’est ainsi que nous retrouvons notre notion de «dieux» de la Genèse. Les dieux sont des administrateurs des royaumes sur Terre. Ce n’est pas Dieu, mais des subalternes dont la mission est de guider et de garder les humains.

Si nous rapprochons cela à la notion l’Ancienne Race Bâtisseuse de Corey Goode/David Wilcock :

Ce qu’ils ont trouvé était un pays des merveilles technologique qu’ils estiment être vieux de plus d’un milliard d’années – d’après ce que les initiés appellent les Anciennes Race Bâtisseuse.

L’Ancienne Race Bâtisseuse a apparemment laissé des dômes cristallins, des pyramides, des obélisques et des cités souterraines dans tout notre système solaire ainsi que dans de nombreux autres.

Corey Goode Mega-Update: Ancient Builder Race- Recovering Humanity’s Billion-Year Legacy

cela fait encore plus de sens.

En ajoutant la notion des 22 expériences génétiques, de Corey Goode,

Corey: Je ne pense pas que ce soit ce type de compétition. Ils veulent voir leur agenda terminé en premier.

Et avant tous les traités, beaucoup de ces différents groupes se battaient entre eux. Quand ils arrivent pour la première fois dans une zone qui n’a pas été contrôlée par l’un de ces groupes d’agriculteurs génétiques, ils ont toute une routine pour faire des réclamations, et il y a des escarmouches au sujet des réclamations.

Ils passent donc par tout ce processus, qui aboutit généralement à une sorte de traité auquel ils adhèrent jusqu’à ce que cette expérience atteigne le point de cette partie cosmique du programme.

David: Si tu dis qu’il y a 22 groupes différents, et qu’il y a aussi jusqu’à 60 participants de courses,. . .

Corey: 22 programmes différents.

https://www.spherebeingalliance.com/blog/transcript-cosmic-disclosure-the-grand-experiment.html

nous pouvons expliquer le passage de la Genèse :

Dieu dit : «Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance

Genèse 1:26

Ce n’est pas Dieu qui parle ainsi, mais les dieux, les races qui conduisent ces expériences génétiques, créant des humains ayant leurs caractéristiques à elles, non à Dieu.

Pour les fondamentalistes, la Genèse relate l’histoire de l’univers depuis ses commencements. L’humanité a alors quelque moins de 5 000 ans.

James Ussher, archevèque d’Armagh en Irlande (1581-1656), conclut que le monde fut créé le dimanche 23 octobre 4004 avant Jésus Christ.

Walter Vogels, Nos origines, p. 12.

Un non sens avec toutes les preuves géologiques et archéologiques que nous possédons.

Jean Sendy offre une explication beaucoup plus intéressante :

Les dieux du texte biblique commencèrent donc par faire revenir la lumière; une fois la lumière revenue, ils s’attachèrent à rétablir l’ordre à la place du tohu-bohu; ils relancèrent d’abord le cycle de vie des plantes, puis celui des herbivores, ne redonnant vie aux carnivores qu’une fois leur nourriture assurée.

L’ordre dans lequel les dieux du texte biblique accomplissent leur œuvre est l’ordre logique… l’ordre logique à condition d’avoir accepté le postulat initial du Cataclysme (plausible) provoqué par la glaciation (certaine) et qui, s’il a bien eu lieu, n’a pu avoir de conséquences autres que celles décrites dans le texte biblique.

Jean Sendy, Ces dieux qui firent le ciel et la terre, Le roman de la Bible, p. 80

Donc, la Terre est ravagée par un cataclysme. Que ce soit celui qui a gelé la civilisation, possiblement Atlantis, en Antarctique, la guerre qui a créé le désert du Sahara, ou autre chose. La vie a été décimée massivement à la surface de la planète. Des dieux sont appelés à la rescousse. Entendez des races extraterrestres évoluées. Celles-ci remettent de l’ordre et redémarrent la vie. C’est cette histoire que raconte la Genèse, non toute l’histoire de la Terre ou la création de l’univers.

Ainsi, Élohim veut bel et bien dire «dieux», mais ne désigne pas Dieu, le Créateur Infini.

De plus, la traduction exacte ne serait pas «Au commencement» comme s’il n’y avait rien eu avant. Le «Au» est un ajout des traducteurs, car ce substantif n’est pas présent dans le texte original en hébreu. Le «Au» traduit davantage la volonté de débuter la Bible avec la lettre ‘A’, relent de la conception juive qui débute le texte par la première lettre de l’alphabet.

Voir également :

https://answersingenesis.org/hermeneutics/have-we-misunderstood-genesis-11/

Armé de ces notions, analysons le texte original en hébreu de la Genèse 1:1.

Capture du 2018-03-17 12-05-17

 Bible en hébreu

Je rappelle que l’hébreu se lit de droite vers la gauche. Genèse 1:1 en hébreu est :

בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים אֵת הַשָּׁמַיִם וְאֵת הָאָרֶץ

Wikipedia

בְּרֵאשִׁית

Le ב est un préfixe qui veut dire « à l’intérieur » ou « en ». Cette lettre est une forme abrégée du mot hébreu בבית (beyt) qui veut dire « maison ». À l’intérieur de la maison est là où la famille réside.[…]

La racine du mot est ראש (rosh) qui veut dire, « tête ». Ajouter certaines lettres à une racine forme habituellement des mots de sens lié à cette racine (NDT: la même chose se voit en français, par exemple de « maison » est dérivée « maisonnette », « maisonnée », etc.). Dans ce cas, la lettre ית est ajoutée à la racine pour former le nom, רֵאשִׁית. Ce mot veut dire « commencement », le début d’un temps ou d’un espace comme le début d’un événement ou d’une rivière. […]

בָּרָא

Ce verbe est habituellement traduit par « créer ».

Chaque verbe identifie la personne (première, seconde, troisième), le genre (masculin ou féminin), le nombre (singulier ou pluriel) et le temps (parfait ou imparfait). Ce verbe serait traduit littéralement comme « il créa ». La construction du verbe identifie le sujet du verbe comme la troisième personne, masculin, singulier et au temps parfait. […]

Le temps parfait est une action complétée, qui est similaire à notre passé simple. Le temps imparfait est une action qui n’est pas complétée, qui est similaire à notre temps présent ou futur. […]

אֱלֹהִים

Ce mot est le sujet du verbe, le « il » dans « il créa ». Généralement, le sujet du verbe suit le verbe, plutôt que le précéder comme en français. En français, nous disons « Dieu créa », mais en hébreu ce serait écrit comme « créa Dieu ».

La racine de ce nom est אֱלֹהִ qui veut dire « pouvoir ». Ce mot est utilisé pour n’importe qui ou n’importe quoi qui a du « pouvoir » et est souvent traduit comme « Dieu ». Le suffixe ים dénote un pluriel pour un nom masculin. Alors qu’en français, le pluriel désigne une quantité (plus d’un), le pluriel en hébreu désigne une quantité ou une qualité (très grande ou bonne). Le mot אֱלֹהִים peut être traduit comme « dieux » (quantité) ou « un bon dieu » (qualité). L’idée « d’un bon dieu » est généralement écrite en français comme « Dieu ».

C’est seulement par le contexte que nous pouvons déterminer si le nom pluriel identifie une quantité ou une qualité. Ce peut-être le contexte au sein du passage ou de la phrase en elle-même. Dans ce verset, le contexte de la phrase requiert ce mot d’être compris comme un qualitatif puisque le verbe qui le précède dit « il (singulier) créa » non pas « ils (pluriel) créèrent ».

(NDT: bien que je ne maîtrise pas le savoir de cet auteur, j’ai une autre opinion.)

אֵת

Ce mot אֵת est utilisé plus de 11 000 fois (et jamais traduit en français puisqu’il n’a pas d’équivalent) pour désigner le sujet défini du verbe. Quelques exemples d’un sujet défini sont « Bible », « le livre » et « ce livre » où le « livre » a été identifié spécifiquement. Inversement, un exemple de sujet indéfini serait « un livre » où le livre n’est pas identifié spécifiquement.

הַשָּׁמַיִם

La première lettre, הַ, est un autre préfixe et est généralement traduit comme « le » (article défini). Ce préfixe est la forme courte du mot הל  qui signifie « regarder quelque chose ».

La racine du mot est שָּׁמַיִם qui veut dire « ciel » ou « paradis ». Plusieurs mots hébreu sont écrits à la forme plurielle, comme pour ce mot.

Parce que הַ (le) précède le mot שָּׁמַיִם, ce mot est le sujet défini du verbe ברא, d’où le mot אֵת avant celui-ci.

וְאֵת

Un autre préfixe très commun est la lettre וְ, habituellement traduite comme « et ». C’est la forme abrégée du mot וְוְ qui veut dire cheville ou clou. Comme un clou lie deux items ensemble, ce préfixe lie deux ou plusieurs choses ensemble dans une phrase, dans ce cas « les cieux et la terre ».

Ajouté au préfixe est le mot אֵת qui a été discuté précédemment. À cause de ce mot, nous savons que le mot qui suit est le sujet défini du verbe ברא.

הָאָרֶץ

La lettre הָ est le préfixe qui veut dire « le ». Le mot אָרֶץ est un mot commun qui veut dire « terre » ou « monde ».

Jeff A. Benner, Learn to Read Biblical Hebrew, p. 61-65. J’ai fait la traduction.

Dans la nouvelle traduction de la Bible, sous la direction de Fédéric Boyer, le texte devient :

Premiers
Dieu crée ciel et terre

Nouvelle traduction de la Bible, sous la direction de Fédéric Boyer cité dans Laurent Bernard, De la Genèse à la création, p. 27.

Ce n’est guère mieux. La nouvelle traduction est encore plus loin du texte original que « l’ancienne ».

Annick de Souzenelle traduit ainsi Genèse 1:1 :

Dans le principe crée Dieu les cieux et la terre.

Annick de Souzenelle, Alliance de feu I, p. 32.

À partir du texte hébreu, elle justifie pendant un chapitre sa lecture du verset.

Dans une discussion, Josy Eisenberg et Armand Abécassis apportent une autre lecture :

Ce qui est remarquable aussi, lorsqu’on regarde de plus près ce mot Berechit, c’est qu’il ne signifie pas exactement Au commencement. Sa véritable traduction, c’est Au commencement de. Il faudrait donc lire: « Au commencement de… Élohim créa le ciel et la terre« , ce qui, évidemment, pose problème.

Josy Eisenberg et Armand Abécassis, À Bible ouverte, p. 24.

Je ferais quelque chose de plus simple, en corrigeant les erreurs les plus flagrantes à mon sens.

Soit par :

En commençant, les dieux créèrent les cieux et la terre.

ou :

En commençant, dieu créa les cieux et la terre.

Mais où « dieu » est Lucifer plutôt que Dieu. Car, Élohim/Yavhé/le dieu de l’Ancien Testament n’est pas Dieu.

Kabamur dit que le monde dans lequel nous vivons est une copie du véritable monde. Ce dernier ne contient pas le mal que nous connaissons.

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Peu importe, la lecture de la Genèse 1:1 doit être autre que celle faites par l’Église…

#SuivezLeLapinBlanc

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